Lundi avec les bâtons, et un nouveau parcours. Cette fois encore dictée par le soleil, mais aussi un peu par la curiosité. "Chemin du fort", et une route qui serpente, pleine de neige. Aucune trace de pas humains, mais en revanche il y a bien des signes de vie si on baisse les yeux ou lève la tête...Pattes de chevreuil et branches de nids. Ça monte fort et je goûte d'avoir chaud et froid en même temps, peut-être qu'il faudrait que je m'équipe d'une thermos pour la pause de mi-parcours... Dans les recoins je note les futures cachettes à pique-nique pour le printemps. Je m'approprie, pas à pas, ce nouveau territoire...

#3





Dans un demi-sommeil la veille je m'étais décidé à ne pas finir ce pull, qui me faisait pourtant de l'oeil depuis longtemps, et avancé aux 3/4... Trop armure, lui dis-je, fière, pédante peut-être même. Mais c'est vrai, les protections deviennent moins nécessaires. Vendredi j'étais dans un bureau, un endroit pas très joli mais plein de lumière. Je rencontrais une dame dont la chair de poule accompagnait ses mots les plus forts... Je la consultais pour qu'elle remonte un peu le fil, mon fil, sur ce que moi je n'arrive pas à entendre dans mon histoire. Elle me raconte, oui c'est moi là sur ses feuillets aux noms de planète, des mots que je pourrai bien me tatouer tant ils m'enveloppent. C'est quand elle me complimente que je pleure, ah ça aussi c'est bien moi! 

Au bureau de vote l'urne l'accueil se faisait à coup de flan et de café. La salle était vide et les gens qui le tenaient heureux de nous accueillir, les sourires des garçons semblaient être le baume dont ils avaient besoin à mi-journée. La ville était au soleil, et notre parcours jusqu'à la boulangerie s'est fait en zigzag pour profiter de sa chaleur... On mange une fish pie dont les garçons se servent deux fois, ça y est c'est le temps des plats qui repartent vides de table et j'adore ces petits signes de famille "nombreuse" (sic!). Ou peut-être seulement famille gourmande... Sur les aiguilles un tricot un peu plus sur mesure, couleur pissenlit bien mûr. Ce sera bon de le porter en pensant à ce qui l'a entouré. 

J'aimerais planter un arbre dans le jardin, l'entourer de tout ce qui se passe d'important ces jours-ci... J'accepte de laisser une place aux symboles à présent. Je laisse se créer la croyance que les mots sont un peu, mais pas tout, et quel nouveau monde crois-je voir derrière ça... Un figuier, ça pousserait par ici? Il sera sûrement temps d'y penser, quand la nuit sera moins là, quand mon pull sera fini, quand les mots de la dame auront décanté... C'est bientôt ce temps là, je crois! 

#2 Kobuk




Deuxième enlaingage de l'année, un bonnet pour être assortie à mon Pépin. Pompon, pas pompon, petit dilemme... Puis finalement comme ça il me plaît! Je l'ai étrenné ce matin lors d'une marche, voir les chevaux et longer le ruisseau gelé. Le soleil était là et des pensées printanières avec. Je n'ai croisé personne sauf quelques bestioles que j'aurais aimé ne pas déranger, et en rentrant il a vite fallu que je me remette en civil. Jeudi pas travaillé mais un peu... Un peu plus tard un dîner de soupe et de tartines, de ceux qui donnent vraiment le sentiment de broder leur livre de souvenirs. J'aurai bien cuisiné un crumble, peut-être bien juste pour le plaisir d'y ajouter une boule de glace, mais j'étais encore plus pressée de me lover sur le canapé, tisane de fenouil entre les mains, et téléphone sur l'épaule, ma mamie qui s'inquiète du froid chez nous au bout du fil... 

Et le pull de Pépin en action!