#24







Je rentre un peu sonnée, un peu geignarde. Je lui raconte comme je tâtonne, des histoires d'horaires lui il vient à 15h, mais le mardi il faut que je réserve plus de temps à l'itep, et je pensais que ce suivi s'arrêterait, et, et, et. Il aurait fallu que je me mette tout de suite pieds nus, devant, pour sentir la pierre chaude, que j'enlève ma blouse blanche pour que personne n'y fasse de tâches. Après un temps de retour sur ma terre, j'avais un verre de sirop de pamplemousse entre les mains, et j'étais bien là. Pépin et Odilon faisaient des allers-retours en vélo dans le chemin devant chez nous, disant qu'ils allaient voir les chevaux. 

La liste du jeudi pas travaillé a plutôt bon goût. Celui de la tarte aux abricots, encore, déjà. Dans mon cabas j'entasse les jupes et les robes et même une salopette, pour aller chez la retoucheuse. Il ne faudrait pas que j'oublie le pain, mais c'est finalement ce qui arrive. Je n'y avais pas tellement pensé mais je rentre dans ce salon de coiffure en me disant que ça y est j'étais vraiment ici (et moins snob aussi aah!). Non on peut pas faire plus clair à cause du henné? Bon tant mieux peut-être. Le lendemain je mange une part de cake à la framboise avec une tasse d'earl grey entre les genoux. C'est pour le travail et autour de moi les parents racontent les écrans chez eux, si ça leur va comme ça, ce qu'ils feraient idéalement. Je dis plusieurs fois la vraie vie, celle des mains, sans trop savoir si ça leur parle. C'est mon boulot, de parler le même langage, mais je n'ai sûrement pas toujours les bons filtres. 

Encore après je porte ma salopette presque parfaite. Le matin le bol pareil aux jours de réveil, sans que ce soit terne ou pénible. Le pack-lunch à préparer, parfois facile, les lendemains de salade de pâtes ou de risotto, parfois un peu plus grognon. En sortant je jette un oeil au barbecue dans lequel les garçons ont entassé des bûches, pour faire comme si, et ça me fait un peu mal de partir, même si ça n'est pour pas pour si longtemps. En rentrant il y a ce "bleu je-sais-plus-quoi" mais pas canard comme je le voulais en tout cas, à finir. On se marre à lui inventer des noms, bleu pacifique, bleu Tahiti douche, bleu harpic... Non mais il faut voir en contexte, hein! J'ai la tête dans le gâteau de fête des pères, il y aura des étages. Je n'ai pas de papier cadeau, mais ça je crois qu'il s'en fichera... 

#23



(un 52 portrait sans vraiment de portrait, et même pas avec de vraies photos d'appareil...)

Dans la voiture il y a toujours un petit tas d'enveloppes bleues. C'est la paperasse-folie, pas si dure à penser. Parfois je m'arrête devant la boîte -sur la grille de la mairie- le matin, ou parfois plutôt en rentrant. Ça dépend quand j'ai besoin d'un peu plus d'air, quand je décide que j'ai le temps. Quelques secondes en plus. Un samedi c'est plus dur qu'à l'accoutumée. Je suis trop dans l'après et l'instant présent se fait la malle, ainsi chahuté il devient pénible. Je pense aux choux à faire (profiteroles demain!), à la pelouse à tondre (tu n'y touche pas hein, c'est pour moi tout à l'heure!). J'ai mis mes belles chaussures, je ne sais pas s'il le verra quand je rentrerai. 

Les abricots trop mûrs réclament une tarte. Je fais une pâte à l'huile d'olive, et dans la poudre d'amandes j'ajoute des zeste de citron. Plutôt du miel ou du sirop d'érable? Mmmmh partons sur le miel. Une virée dans le jardin pour ramasser un petit bol de fraises des bois, celles qu'ils ne gobent pas, pour faire bon et joli sur les abricots. Elle a le temps de refroidir et on la goûte le soir même, avec des regards-sourires entendus qui disent drôlement bienvenue à cette première tarte aux abricots de la saison. Je garde les noyaux, maintenant ça a drôlement de sens. 

Dans ma tête, puis en vrai je commence les listes des bagages pour le grand périple en Ecosse cet été. On a vraiment besoin de le sentir s'approcher, un peu ternis par la fin d'année gris-ifiante. Sur les genoux, et en plus ils sont écorchés. Mon emploi du temps déborde de son minimalisme projeté. Mes trois jours de travail ne l'ont pas été depuis... janvier en fait (gros yeux!), et les travaux font un peu l'effet de sables mouvants. Plus les tracasseries administratives qui donnent vraiment envie de vivre comme une fugitive qui ne sortirait jamais de son jardin. Quel tricot? Il faudra prendre les graines de lin, des habits un peu râpés qui ne feraient pas le retour avec nous. Une nuit je rêve que les petits pois sont arrivés, et le matin je vais leur dire bonjour, sans trop rien espérer... et si! Des gousses dont une bien remplie, d'autres qui vont suivre, fou! Quel goût d'or ils auront, ces premiers petits pois. T'es complètement connectée à ton potager maintenant, en riant. Je fais semblant de ne pas trop voir les deux très petites tomates, pour ne pas les rendre timides mais... 

Mailles... #3,4,5 et 6









2017, 17 tricots on avait dit! Les mailles se mêlent toujours, même si je suis plutôt gauche avec les articles qui disent c'est fini

Qui viennent garnir le recueil enlainé j'ai tricoté: des chaussettes roses tout écolo pour Amélie. Les toutes premières, c'était un joli challenge origamiesque! Un pull bicolore d'amour pour les garçons l'hiver prochain, dans un fil qui donne envie de s'en faire une couette tant il est moelleux. Un autre pull, pour bientôt je pense celui là, en lin... J'aimais la petite armure de point mousse sur le devant. Je pense le refaire dans une laine plus douillette, le modèle sera mieux mis en valeur je crois. Et le petit chef d'oeuvre, un pull pour moi que je porte toujours avec moult fierté. Le modèle, la laine, bref tout est AMOUR dans ce pull! 

6/17, ça avance, ça avance! Un pull rouge en léger stand by pour l'instant, trop de point mousse tue le point mousse. Je me redonne un coup de fouet salutaire avec une histoire gilet à "pois" dans un fil cachemire/angora/attention les yeux... 

"Bientôt" un petit compte-rendu ici! Ce soir il est parti à son match, en haut ça grinçote-virevolte encore (je bosse ma cardio avec mes dizaines d'aller-retour...) mais quand enfin ça ronflera les aiguilles s'agiteront. Il faut seulement que je me trouve le podcast qui m'accompagnera en plus de la pluie dehors...