Chat doux, chat qui nous réinvente en tant que parents, nous qui sommes tout neufs de toute façon... Ah d'accord, toi tu fais comme ça, et les zig-zags jusqu'à lui, quand de toute façon le lien se tisse sans mots pour l'instant. A quatre c'est un peu plus dur de faire durer aussi purement que possible la bulle animale qui poursuit la grossesse, mince l'amap, mince la pharmacie, mince la visite des 8 jours, mince la journée dans la belle-famille (sic, sic!). Mais il y a les siestes, bien sûr, la nuit, bien sûr, collés tant que sa joue est toute moite contre ma poitrine. Pareil pas pareil, nos nuits tous les 3, parfois veilleuse allumée, parfois debout devant la fenêtre, veillant sur la ville endormie. J'ai hâte de retrouver Pépin, nous campons dans le salon en attendant que les nuits soient plus feutrées, pour ne pas le réveiller...Je vais l'humer entre les réveils et les tétées, ce bébé qui prend parfois des airs de grand sage maintenant. 

Parfois un petit éclair d'angoisse quand je me dis que dans pas si longtemps lui retourne pour ses longues journées loin et que 2 autres bras n'auront pas poussé d'ici là... Mais vite je retourne à l'ici et maintenant, je cueille tout ce qui peut remplir mon sac d'enthousiasme, les repas de butternut le bébé nous regardant avec des yeux si grands qu'ils semblent tout comprendre, les changes à 4 mains les monologues de Pépin en bande son. J'aime qu'il fasse nuit tôt, se frotter les yeux semble alors totalement permis, et les repas de chocolat chaud aussi. Un peu de la vie d'après qui s'infiltre aussi, en mots et en faits, comme si on prenait du tout pour préparer un lit moelleux dans lequel on ferait notre prochaine sieste. 



C'est comme ça ces derniers jours. Des couleurs qui piquent les yeux, mais dont on dirait plus qu'elles sont bariolées que mal assorties... Des peaux de mouton qu'on traîne de pièce en pièce, et des siestouilles grappillées à droite, à gauche, même s'il me faudrait plus de discipline dans ce domaine. Dans la cuisine, debout, sont mangés des morceaux de pâte d'amande. Je cuisine des carottes au cumin, 3 paires d'yeux sur moi, avec une ou deux mains de libre suivant les grognements de l'un ou de l'autre. Je retrouve ces sensations d'entre deux monde avec l'allaitement, avec un peu plus d'assurance (et un bébé plus assuré aussi!) et de légèreté.  Dans les tisanes, du fenouil et de l'anis bien sûr, mais des boutons de fleur d'oranger aussi. Mon tricot marine avance aussi, ce sera tellement gai de le porter en portant de ce dont il a été témoin... Première promenade à 4 plus le chien tout à l'heure, les paires d'yeux intrigués sur notre drôle de convoi, bringueballant mais gai et coloré à souhait. 

42/52 et...



Un peu floue celle de Pépin cette semaine, prise alors qu'il s'accrochait à mon gros ventre... mais c'est l'émotion! 

Oh la rencontre! Odilon est arrivé hier soir, je raconterai mais pour l'instant c'est seulement les paillettes dans les yeux et les crampes aux joues de sourire... Un bébé à fossettes et à plis! 

41/52 et l'anniversaire champêtre










Il y a des jours comme ça, où tout se fête, où des paillettes nous collent aux doigts, comme si une bougie aux épices nous suivait partout. Dans l'agenda ce week-end était inscrit depuis longtemps, et la dose d'inattendu qui l'accompagnait (bébé/accouchement comme une cerise sur le gâteau ou non?) ne faisait que rajouter à l'excitation. On est parti chargé comme des mules, parce qu'on ne sait pas faire trop léger. La tarte au citron meringuée était plus ou moins bien calée, et le carrot cake bien protégé. Des paquets étaient logés dans un sac, avec leur bruit de craquement qui sonne comme des gâteaux secs, si doux dans l'oreille. La route dont on ne se lasse pas encore (cela viendra-t'il?), et les arbres comme remplis d'écureuils. La maison était fraîche et il a fallu tâtonner un peu pour caler la table sur la terrasse. Mais les araignées ne font pas peur ici, et les armées de coccinelles font diversion, de toute façon. 

Assise au soleil, des bruits d'oiseaux ou de balle qu'on se lance dans les oreilles, j'ai trouvé que le champagne sentait bon, et Pépin a aimé le carrot cake au goûter (ouf, c'est mon fils!). On a causé prénoms en O, et tiens c'est vrai on n'a jamais pensé à Olaf... Un chat est passé par le jardin, et des grues au dessus de nos têtes. De ces journées qui infuseront des sourires pour longtemps, où chaque respiration a l'amplitude qu'il faut, chaque brin d'herbe le vert qui lui va le mieux. Ces yeux amis qui se posent sur notre endroit, qui remarquent ce qu'on n'a pas encore vu. Je me sens un peu trop lourde pour semer les graines que j'ai emmenées, je me dis que je le ferai la prochaine fois, le bébé en écharpe qui sait. Pépin semble exactement à l'endroit qu'il lui faut, entouré des gens qui lui vont le mieux. Cette première année se termine comme elle a commencé, un long câlin les bras grand ouverts à toute surprise. 

Ça devient un peu le tourbillon où tout se compte en heures, si l'on osait. Ses vacances en font partie, en plus de vous-savez-quoi, quelques jours sans réveils trop tôt, sans regarder l'heure du tout d'ailleurs. Lui dire je vais m'allonger un peu, tu me fais un câlin?, je vais faire des chocolats chauds. Puis la porte du bébé sera un peu plus ouverte, s'il est là. Il faudra le pousser un peu à travailler, peut-être, même si ce n'est sûrement pas mon rôle, ni un modus vivendi qui nous va très bien. Quatre mains pour applaudir les exploits quotidien de notre bébé, c'est une bien meilleure musique. Puis sur ce post-it, sur le frigo, des recettes à tester... Pour ça aussi quatre mains ce sera beaucoup mieux. 



L'automne, ses feuilles rousses, ses nez qui commencent à couler... et ses bonnets! Je me suis échauffée pour la couverture Korrigan pour le bébé grâce à ce bonnet, taille "grand bébé"! Etrenné ce week-end pour les jours d'anniversaire au vert, quand on a les mains dans les feuilles mortes et les pattes mouillées par la rosée, mieux vaut avoir la tête au chaud... 

40/52





Dans ma bible de la grossesse (écrite par Isabelle Brabant, qui viendra bientôt pour une causerie ici je suis si heureuse!) il est écrit que le dernier mois on peut être un peu "dans la lune"... Personnellement j'ai plutôt l'impression de faire un alzheimer précoce! C'est ainsi que vendredi nous sommes arrivés 20 minutes en retard chez le notaire, pour signer pour la maison, ce fut du meilleur effet. Ah mais vous venez de la ville aussi, c'est normal (ouf!). Qu'après avoir amoureusement emmitouflé Pépin pour sa première nuit là bas, dans une maison un peu fraîche au milieu des bois, empilé les couches du panier de Flanelle je me suis rendu compte... Que j'avais oublié TOUTE la literie pour nous, que ce soit oreiller, couette ou draps... Ce sera un cocasse souvenir que cette nuit couchés sous une nappe, François en chaussons, sa capuche sur la tête! Mais on la traîne encore, cette nuit hachée, et hier à 21h je dormais déjà... Puis bien sûr l'appareil photo laissé dans l'entrée, pas de photo de notre première nuit et journée là bas! (et je ne vous parle pas de mes créneaux et du lait de toilette dans le frigo...). 

Alors il faut créer les images avec des mots, se souvenir du bout des doigts ces tout premiers jours à la maison. Le vert partout, les bruits qui vont devenir familier: l'angelus, les oiseaux et les chiens. Il a fait si beau, les lits furent sortis dans le jardin et on a tous fait une sieste de conserve. Des papillons sont venus vérifier qui étaient ces nouveaux habitants, rouge et noir, gros comme des petites pommes. En ouvrant la porte encore ensommeillée je suis tombée sur un écureuil, tout surpris de trouver quelqu'un dans ce qui semble être son jardin! Des petites virées à pieds, pour se mettre quelques chemins de promenades dans les pattes... Jusqu'à l'aire de jeux, où ça a été si gai de touiller les graviers et de faire glisser les chaussons sur le toboggan, jusque dans le chemin derrière la maison où il restait encore quelques mûres. Un répertoire des chats fut commencé, ceux qui semblent chercher les gratouilles, ceux qui dédaignent les gens à deux pattes... 

C'est l'ère de la nidification, celle où je ne ferai volontiers que ranger du matin au soir, trier, plier les mini bodies, où la maison ne me semble pas assez accueillante pour un nouvel invité, où la couverture n'avance pas assez vite... Un peu de fébrilité, peut-être, quand le décompte commence à se faire en jours! Je me demande souvent où je mettrai un autre bébé quand je n'ai déjà plus un bout de main de libre (vive l'écharpe sûrement!), et on me dit en commentant mon gros ventre que le bébé sera bientôt encore plus envahissant (sic sic sic!). Une amie maman de 4 enfants me raconte l'attention et le coeur qui double, je relis plusieurs fois comme un mantra. Avec Pépin on fait des repas de raclette à la moutarde, de croque-monsieur, on se demande si vu l'heure ça vaut le coup de s'habiller...! Puis l'anniversaire, bientôt, alors tarte au citron ou carreau cake? Ce sera peut-être bien les deux, et mangé dans le jardin, c'est bien ça le plus gai!