#24







Je rentre un peu sonnée, un peu geignarde. Je lui raconte comme je tâtonne, des histoires d'horaires lui il vient à 15h, mais le mardi il faut que je réserve plus de temps à l'itep, et je pensais que ce suivi s'arrêterait, et, et, et. Il aurait fallu que je me mette tout de suite pieds nus, devant, pour sentir la pierre chaude, que j'enlève ma blouse blanche pour que personne n'y fasse de tâches. Après un temps de retour sur ma terre, j'avais un verre de sirop de pamplemousse entre les mains, et j'étais bien là. Pépin et Odilon faisaient des allers-retours en vélo dans le chemin devant chez nous, disant qu'ils allaient voir les chevaux. 

La liste du jeudi pas travaillé a plutôt bon goût. Celui de la tarte aux abricots, encore, déjà. Dans mon cabas j'entasse les jupes et les robes et même une salopette, pour aller chez la retoucheuse. Il ne faudrait pas que j'oublie le pain, mais c'est finalement ce qui arrive. Je n'y avais pas tellement pensé mais je rentre dans ce salon de coiffure en me disant que ça y est j'étais vraiment ici (et moins snob aussi aah!). Non on peut pas faire plus clair à cause du henné? Bon tant mieux peut-être. Le lendemain je mange une part de cake à la framboise avec une tasse d'earl grey entre les genoux. C'est pour le travail et autour de moi les parents racontent les écrans chez eux, si ça leur va comme ça, ce qu'ils feraient idéalement. Je dis plusieurs fois la vraie vie, celle des mains, sans trop savoir si ça leur parle. C'est mon boulot, de parler le même langage, mais je n'ai sûrement pas toujours les bons filtres. 

Encore après je porte ma salopette presque parfaite. Le matin le bol pareil aux jours de réveil, sans que ce soit terne ou pénible. Le pack-lunch à préparer, parfois facile, les lendemains de salade de pâtes ou de risotto, parfois un peu plus grognon. En sortant je jette un oeil au barbecue dans lequel les garçons ont entassé des bûches, pour faire comme si, et ça me fait un peu mal de partir, même si ça n'est pour pas pour si longtemps. En rentrant il y a ce "bleu je-sais-plus-quoi" mais pas canard comme je le voulais en tout cas, à finir. On se marre à lui inventer des noms, bleu pacifique, bleu Tahiti douche, bleu harpic... Non mais il faut voir en contexte, hein! J'ai la tête dans le gâteau de fête des pères, il y aura des étages. Je n'ai pas de papier cadeau, mais ça je crois qu'il s'en fichera... 

#23



(un 52 portrait sans vraiment de portrait, et même pas avec de vraies photos d'appareil...)

Dans la voiture il y a toujours un petit tas d'enveloppes bleues. C'est la paperasse-folie, pas si dure à penser. Parfois je m'arrête devant la boîte -sur la grille de la mairie- le matin, ou parfois plutôt en rentrant. Ça dépend quand j'ai besoin d'un peu plus d'air, quand je décide que j'ai le temps. Quelques secondes en plus. Un samedi c'est plus dur qu'à l'accoutumée. Je suis trop dans l'après et l'instant présent se fait la malle, ainsi chahuté il devient pénible. Je pense aux choux à faire (profiteroles demain!), à la pelouse à tondre (tu n'y touche pas hein, c'est pour moi tout à l'heure!). J'ai mis mes belles chaussures, je ne sais pas s'il le verra quand je rentrerai. 

Les abricots trop mûrs réclament une tarte. Je fais une pâte à l'huile d'olive, et dans la poudre d'amandes j'ajoute des zeste de citron. Plutôt du miel ou du sirop d'érable? Mmmmh partons sur le miel. Une virée dans le jardin pour ramasser un petit bol de fraises des bois, celles qu'ils ne gobent pas, pour faire bon et joli sur les abricots. Elle a le temps de refroidir et on la goûte le soir même, avec des regards-sourires entendus qui disent drôlement bienvenue à cette première tarte aux abricots de la saison. Je garde les noyaux, maintenant ça a drôlement de sens. 

Dans ma tête, puis en vrai je commence les listes des bagages pour le grand périple en Ecosse cet été. On a vraiment besoin de le sentir s'approcher, un peu ternis par la fin d'année gris-ifiante. Sur les genoux, et en plus ils sont écorchés. Mon emploi du temps déborde de son minimalisme projeté. Mes trois jours de travail ne l'ont pas été depuis... janvier en fait (gros yeux!), et les travaux font un peu l'effet de sables mouvants. Plus les tracasseries administratives qui donnent vraiment envie de vivre comme une fugitive qui ne sortirait jamais de son jardin. Quel tricot? Il faudra prendre les graines de lin, des habits un peu râpés qui ne feraient pas le retour avec nous. Une nuit je rêve que les petits pois sont arrivés, et le matin je vais leur dire bonjour, sans trop rien espérer... et si! Des gousses dont une bien remplie, d'autres qui vont suivre, fou! Quel goût d'or ils auront, ces premiers petits pois. T'es complètement connectée à ton potager maintenant, en riant. Je fais semblant de ne pas trop voir les deux très petites tomates, pour ne pas les rendre timides mais... 

Mailles... #3,4,5 et 6









2017, 17 tricots on avait dit! Les mailles se mêlent toujours, même si je suis plutôt gauche avec les articles qui disent c'est fini

Qui viennent garnir le recueil enlainé j'ai tricoté: des chaussettes roses tout écolo pour Amélie. Les toutes premières, c'était un joli challenge origamiesque! Un pull bicolore d'amour pour les garçons l'hiver prochain, dans un fil qui donne envie de s'en faire une couette tant il est moelleux. Un autre pull, pour bientôt je pense celui là, en lin... J'aimais la petite armure de point mousse sur le devant. Je pense le refaire dans une laine plus douillette, le modèle sera mieux mis en valeur je crois. Et le petit chef d'oeuvre, un pull pour moi que je porte toujours avec moult fierté. Le modèle, la laine, bref tout est AMOUR dans ce pull! 

6/17, ça avance, ça avance! Un pull rouge en léger stand by pour l'instant, trop de point mousse tue le point mousse. Je me redonne un coup de fouet salutaire avec une histoire gilet à "pois" dans un fil cachemire/angora/attention les yeux... 

"Bientôt" un petit compte-rendu ici! Ce soir il est parti à son match, en haut ça grinçote-virevolte encore (je bosse ma cardio avec mes dizaines d'aller-retour...) mais quand enfin ça ronflera les aiguilles s'agiteront. Il faut seulement que je me trouve le podcast qui m'accompagnera en plus de la pluie dehors... 

#22



Juste avant de partir deux anémones sont sorties de terre. Je les avais plantées il y a longtemps, et je guettais en essayant de n'avoir pas l'air trop pressante. Plissant les yeux pour voir les bonnes étoiles partout où elles peuvent se cacher, ces fleurs qui avaient décidé de sortir à temps pour me donner du courage avant deux jours de blouses blanches m'ont paru tout à fait faire l'affaire. Je les ai plantées pour avoir un petit bout de ma mère dans le jardin, c'était ses fleurs préférées. On est parti pour l'épopée. J'ai attendu le dernier moment pour mettre la tarte à la rhubarbe dans le sac, qu'elle reste fraîche! On avait aussi pris le sirop à la framboise et mes deux jolies robes du moment. En premier ce cabinet qui sent les huiles essentielles. On se fait la bise, il y a quelques cadres en plus sur les murs, et sa voix est toujours douce.  Et alors la vie au vert? Les mots pour lesquels on vient et d'autres en bonus. Elle dit ce qu'il faut pour que mon sac à confiance soit rebondi comme il faut, et je sais qu'il entend la même chose que moi. En partant je lui offre un pot de miel de pissenlit, dans ma main deux ordonnances et des sourires. On s'est quitté en  sachant qu'on se reverrait bientôt. Dans la voiture, ma main pas loin de la sienne j'ai dit: il était facile ce rendez-vous là hein

Plus tard dans la journée, après une salade qui n'en avait que le nom, même pas si verte, ça sentait un peu l'hôpital. D'un oeil anxieux et un peu gênée j'ai cherché des gens auxquels m'identifier. Ceux qui me permettrait un petit "ouf" au fond de la gorge, chuchotant qu'être là ça n'est pas si grave, ça ne parle pas forcément de drame. Dans la salle d'attente, en mi sous-sol, mon tricot jaune sur les genoux m'a aidé à me faire des amis. Quelques sièges plus loin, une maman et son ado ont l'air de s'ennuyer aussi ferme que moi, ils n'ont même plus envie de tapoter leurs téléphones. On nous a annoncé une heure trente de retard, et les grincements de dents ont crée une drôle de connivence un peu absurde. Quelques minutes après l'ado qui vient là tous les ans me racontait comment ça se passe, là dedans, et me rassurait. J'avais aussi dans un coin de ma tête G., mon petit patient de 6 ans qui en passe une tous les 6 mois, d'IRM. Ça a fini par être mon tour. Couloir moche, porte de vaisseau spatial, crispée je dis à l'infirmière c'est pas très feng chui hein? J'ai fermé les yeux tout le long et ça n'était pas si terrible. Quand la machine n'a plus eu besoin de moi j'ai atterri sur un demi-siège, mes rangs de côtes 1/1 à nouveau dans les mains. J'attendais qu'on vienne me chercher pour me dire ce qu'il y avait de beau là dedans, et un homme est venu me rejoindre sur l'échafaud. Il avait une chemise avec des flammes, mais j'avais trop envie de parler. J'ai un peu regretté quand quelques minutes plus tard il me racontait ses derniers suicides. J'étais soulagée de partir dans le bureau avec la blouse blanche du moment, et encore plus heureuse de retrouver mes trois bouclés sur le parking. On a vu l'hélicoptère décoller! Et moi mon cerveau est parfait! Il était vraiment temps d'aller chercher des sushis. 

Le lendemain les pains au chocolat étaient vraiment moins bons que ceux qu'on mange d'habitude, et ma théière me manquait. On n'était pas chez nous, mais du coup ça faisait un peu vacances. C'était presque le même air pas encore chaud des matins sur la terrasse, pendant les longs étés à la Grande-Motte. Dans le frigo j'ai trouvé de la confiture de mûres, et le pain aux graines était mieux réussi que les croissants. Sans trop se presser,on est parti. Je pensais déjà à l'après, tout près, quand ces deux jours qui sonnaient comme un empêchement à nos doses de joie quotidiennes seraient tout à fait derrière nous. "Box 6" qu'on nous a dit. C'était long dans le couloir, les enfants y faisaient la course et d'un coup on avait les chaussures des parents qu'on regarde d'un oeil un peu réprobateur. 1h de retard et notre râlerie n'était pas loin. Dans le bureau j'entends très bien, très bien, c'est parfait tout ça. Elle a un joli accent russe et elle me dit des choses dans lesquelles je pioche, elle ne nous gronde pas sur notre façon de voir la vie et la suite, et je sors sans avoir besoin de se dire qu'on se voit bientôt. Parfait, je vous dis. Vite, chez nous! Si avec ça mes anémones n'avaient pas complètement fleuri... Se sont ajoutées à la chanson des roses, de quatre couleurs différentes, et des débuts de groseille. J'oublie de me faire un thé de retour, et les enfants mangent leur repas doudou. Je ne goûte même pas à la joie qu'on ressent quand l'inquiétude est chassée, toute nourrie de mon intuition que la vie va bien, mais je suis heureuse que ce ravissement quotidien ne soit pas hypocrite. 

#20 & 21






La vie exactement comme elle l'est, l'impression d'un moulin qui tour après tour brasserait la même lumineuse joie. Le (petit ou pas) matin, j'ouvre les volets pendant que l'eau bout. Les oiseaux me regardent, j'imagine un silencieux bonjour entre nous. On se connaît, maintenant. Ceux des matins travaillés sont gris, et ceux des matins de liberté sont plutôt marron, quand les plus matinaux leur ont laissé la place. J'ouvre au chien, et pieds nus je sens si le soleil s'annonce déjà ou si l'air est encore plein de nuit et plus frais. Un oeil distrait aux fleur et aux fraises plus loin, mais ça n'est pas encore le temps du jardin. Peu à peu les têtes bouclées ou plus chiffonnées me rejoignant. Je fais des tartines qui sont souvent oubliées, les mains sont trop vite occupées. Juste le temps d'en lécher de chocolat, et j'entends de loin des négociations pour avoir l'arrosoir ou la trottinette. c'est à la 2ème théière que je prépare mes tartines à moi. J'aurai envie d'y mettre de la gelée de citron. 

Plus vraiment en pyjama, officiellement, je file au jardin. Je me suis fabriqué un short, avec un vieux jean des jours (plus) dodus. Comme dans Beverly Hills, ou un truc comme ça non? Si j'arrive à temps je peux y travailler sans que le soleil me fasse trop tourner la tête, alors je retourne, je trie les cailloux, je guette ce qui pousse, je guette à quoi s'affairent les vers de terre, je guette etc. On essaie de ne pas trop oublier l'heure, les jours où l'on mangerait à 15h reviennent vite et l'on se sent un peu parents bancals quand c'est le cas! Va pour les saucisses, j'adore cette odeur de kermesse. Je coupe de la menthe pour rajouter au saladier de pastèque. J'ai encore le temps de terminer ma rangée?   On goûtera le gâteau au goûter plutôt. Une sieste ou pas vraiment, en haut, et sur le canapé je retrouve les lettres de F.Mitterand à Anne Pingeot. Oh écoute cette phrase! Et toutes les autres, qui font  que quand on vient toquer à la fenêtre c'est un peu dur de glisser le marque-pages. Ça tombe bien, c'est l'heure du Victoria. Sans thé ce serait au dessus de mes forces, même si c'est un peu blasphématoire. 

Encore un peu, pour présenter les nouveaux plants. Pépin tu arroses les tomates? Tout le monde me regarde depuis le banc branlant, le long de la vigne. Encore un peu, il faut faire de la place pour le plant de pastèque. Je prends des photos du cabinet pour les amies, pendant que la lumière est belle. Plus tard dans la casserole du fondant de fenouil à la tomate, et les pâtes petits papillons. Nous non, avant il y a les temps cadeaux, le temps de l'arrosage, la récolte du soir (2 fraises!), les groseilles bientôt. Je suis bouche bée, et peut-être que ça durera toute la vie, mais ce sont toujours des sourires en plus de pris. Plus tard, encore, ferme les fenêtres, les chauve-souris! Je me dis qu'il y aura toujours des feuilles de menthe hachées dans ma pastèque maintenant. J'aurais envie de mailles mais elles sont ce soir en concurrence avec les mots, c'est dur!

Plaisirs: amener le thé à la citrouille au bureau. M. qui veut goûter, "ça se mange comme les chips le thé en fait non?". Une heure à tondre, peut-être bien plus, à contourner les petits chats en trottinette, la vidange cérébrale idéale. Sur le canapé, le bol de lentilles qui tire un peu sur le petit pot de bébé, et à la radio une pièce de théâtre décortiquée, que je ne verrai jamais mais qu'il est bon de savoir qu'elle existe. La rhubarbe en forme, bien sûr. Tiens, aussi, sur le chemin de la voiture, grappiller un temps juste à moi en arrachant quelques pissenlits... J'aurai pu sentir les pivoines, ou essayer de jouer au chat pour ne pas déranger cet oiseau tout occupé à ses petits matins. 

Dans la voiture il m'entend lui dire c'est quand même embêtant que les disputes ne se terminent jamais, entre nous. Jamais de conclusion, on n'a plus une vie à se faire la tête 3 jours, mais au fond... Et il ne répond pas. Ça vaudrait bien une heure de tondeuse en plus, et les jours sans baisers de bonjour/bonne nuit s'accumulent. Sensations mi-orties mi-caillou dans la chaussure. La vie de famille dit vie aussi, de l'amour il y en a dans beaucoup de nos paniers, les carottes pour avancer.  

Petit sac en tissus habituel, et dedans une part de tarte courgettes-boursin, un pot de... mixture(?) aux graines de chia, banane et dattes, un peu de risotto aux légumes ou demain quelques crêpes. Les dinettes du bureau blanc, un podcast pas loin. Mais plus trop "Les pieds sur terre", je suis un peu lassée. Dans la matinée je dis oh j'ai déjà l'air d'une gamine, autour d'un thé, sans trop le penser vraiment. Je crois qu'en fait j'accueille à bras bien ouverts la gamine que j'aurai du être, si j'en avais eu l'occasion ou la place. Debout dans le jardin, à quelqu'un d'un peu inconnu mais plus tant je dis je suis maintenant persuadée que les gens font absolument au mieux qu'ils peuvent au moment où ils le font. Ça desserre beaucoup les mâchoires de dire ça, et c'est presque comme ci je le pensais à mon sujet aussi. C'est seulement une gymnastique, un petit mantra dont il faut accepter de se laisser imprégner... 

#19



Je m'étais levée, bien docilement. L'ogre nocturne avait eu son biberon, les affaires sur la chaise de la salle de bain m'attendaient. Robe vichy (la rouge pas la verte) et nu-pieds jaunes. Avant, l'eau qui bout et la théière, le thé même pas choisi mais qui fera bien l'affaire. Le verre d'eau avant toute chose parce qu'on m'a dit. Dans le petit sac à étoiles qui traîne toujours pas loin j'ai préparé le pack-lunch pendant que c'était encore dans ma tête, autant ne pas avoir à grignoter ces affreuses barres-repas qui trainent dans mes placards au boulot. Promis quand j'ai fini le stock je n'en rachète plus! La salade de pommes de terre aux oignons rouges d'hier, et une part de pizza aux légumes, d'avant hier ça. Le gilet en laine et les lunettes sont dans la voiture, de ces petites choses de la liste des alléger-simplifier les "il faut penser à ça". Je sais que j'en demande beaucoup, ici on n'a pas tant de post-it qui viendraient cacher la vue. Pas de kermesse ou d'horaires de bus, pas d'enfants à houspiller pour être à l'heure là ou là... Mais une petite pile mentale de carrés jaunes quand même, l'ostéo, l'agenda un peu trop noirci, les artisans qui vont et viennent, et quel jour déjà? Comme tout le monde! De ma liste est sortie quand même des idées qui libèreraient du temps de cerveau. Dis, si on achète le moins du moins sur internet, c'est moins de mails et de sms, c'est ne pas avoir à aller au relai etc, c'est des cartons/plastiques à jeter en moins, non? Fière de ma trouvaille, j'ai donc ma petite liste de choses que j'aurai commandées fissa et qu'il faudra acheter ou se fabriquer au fur et à mesure. C'est la librairie du coin qui va être contente! Aussi on essayait de faire baisser cet horrible budget courses, alors les tickets de caisse de côté, se rappeler de noter sur le calendrier, faire le total... du bazar quoi, qui nous donnait toujours l'impression de ne pas faire tout à fait bien. A la place on tente le portefeuille de courses, breveté Tinoftea : ) On retire en liquide le budget qu'on aimerait bien respecter, et on paie toutes les courses (oui, oui même le pain François!) avec. Il se pourrait bien que les 1ers temps il soit vide le 15 mois, mais le jardin regorge de pissenlits, et les placards de lentilles, sauvés!

Voilà la vraie vie brute, les petits virages qui laissent le goût de décider pour de vrai, de sortir de la roue de hamster de la vie de grands. Une nuit on entend la pluie jusque dans le conduit du poêle, ce petit bonheur d'être entourée de couettes. Je me suis enfin remis un roman sous les yeux, des mots gratuits qui n'ont que le plaisir pour but. Je les enchaîne en grappillant un chapitre en plus sur la fatigue. Le lendemain les grognements matinaux d'Odilon me réveillent, oui encore, lui retourne au sommeil mais pas moi. J'ai pensé trop vite aux théières solitaires, aux mailles rouges qui ont besoin d'avancer, à cette séance de sport qui donne l'air bête à rattraper, aux animaux qui ne sont dans le jardin que quand il y a personne pour les croiser à guetter. A la radio la voix -pas belle, je n'aurai pas imaginé- d'Arnaud Desplechin et d'un coup la vie aux fauteuils en velours toutes les semaines me manque. La pile de plaisirs des petits matins, sans horloge à regarder du tout en prime. C'est aussi qu'on a tripoté mes muscles "poubelle des émotions", ceux sur les côtés du nombril, et depuis c'est la purge, nez qui coule et voix qui se barre. Puis il y a la tarte aux courgettes à faire, et les millionnaire shortbread, même si je n'ai plus de golden syrup. On fera le plein cet été... Ce soir on fait la fête des voisins au village, les liens à tisser encore. Avant un tout petit peu de travail, ces visites hors bureau des jours normalement pas travaillés qui goûtent ces jours d'école fin juin, légers et trop ensoleillés pour être vrais. Dehors dans un pot de yaourt des bulbes d'iris attendent de trouver leur maison, je ne sais pas trop quelle est leur place dans le jardin. Je ne sais plus de quelle couleur ils sont, a dit le voisin, mais ils sont beaux tu verras

#18


Le samedi c'est le jour des papas au travail. Ils sont en short ou en jean qui disent que leur semaine est terminée. Ils font comme ci mais eux aussi sont bavards, après quelques rendez-vous intimidés ou pas très concernés. Ils me racontent les missions à Mayotte, la sciatique de leur maman et parfois leur crainte d'être peut-être trop sévère? C'est que moi j'ai pas de patience aussi. Je vois que ces couples du samedi, enfant unique et père aux commandes pour un tout petit temps. C'est savouré de toutes parts, les bisous d'encouragements avant, travaille bien fils, et ceux d'après pour dire c'est bien!. J'adore être celle qui partage ça, et cette petite place du village qu'est la salle d'attente. Le samedi tout le monde a le temps pour rester un peu plus longtemps, les conversations entre les portes n'ont pas besoin de points de suspension et les larmes n'ont pas à être effacées en vitesse. Le petit train de la caisse à jouets n'est jamais aussi grand que le samedi, et de patient en patient il s'étoffe de nouveaux ponts et de nouveaux virages. Tu le ranges pas hein?

Lectures et échanges modifient les mots petits à petits, les phrases négatives -envers soi ou les autres- se font plus rares et sonnent plus pointues, insupportables. Ce qui m'agaçait m'émeut, et je regarde les choses avec des yeux de coéquipière plus que concurrente. Des envies sororales, mot qui semblait interdit à la fille unique que je suis. Une histoire d'empathie qui continue de tisser sa toile, bien moelleuse. Aux gens qui piquent encore beaucoup (ah les artisans-coquins, ah l'ex psychopathe...) on me suggère des "untel je te pardonne et je te libère" et penser que ces gens partent, un peu émiettés (dans la galaxie? Peut-être bien c'est un peu new âge!). Mais pendant un trajet en voiture je pense malgré tout à me dire que qu'il faut que je regarde la date de prescription pour porter plainte (préjudice moral? violences?). Pas encore tout à fait émiettés, quoi! 

La femme de mon père vient passer quelques jours. Comme d'habitude, les petites joies des visites. Préparer les menus sur le canapé, avec un livre de cuisine. Choisi au hasard cette fois-ci -entre 1 et 12 tu dis quoi? 12!-, c'est tombé sur celui du Pain Quotidien, bonne pioche! Je fais la pâte à cookies en avance, la soupe aussi, pour leur en servir un bol hier soir, mais le succès est plutôt mitigé. Les pâtes alphabet n'y font rien, et c'est de ces soirs où tout le monde (de moins de 18 ans) a envie d'être un farfadet un peu mal intentionné. On oscille entre bon sang de bois mais non! et je crois que tu as envie de d'être coquin, est-ce que tu as les yeux qui piquent d'être fatigué? Mi-parents, mi-c'est bientôt de la roulée sur le canapé avec un sourire et un pfiouuu sacrés petits mulots! La vie cubes à plein de faces!

#17




Des enfants à la jelly, au chocolat, et une photo si précieuse de mon père et de ma grand-mère. Il a 14, 15 ans sur cette photo, et que j'aurais aimé croisé ce grand gringalet souriant. Moi j'ai en tête le pitre et sa rage, et d'autres choses qui font craquer ma valise à souvenirs. Je laisse des messages d'une voix adolescente un peu gênée, j'envoie des mots avec des points de suspension. Ça dit que je ne sais pas si je fais bien, mais que j'avais envie, alors j'ose! Derrière tout ça la peur de ne jamais entendre les souvenirs d'eux qu'ont ces gens, dans un coin de tête ou de coeur. Et la honte que je trimballe des pieds à la tête, peut-être, éteindra-t'elle un peu son feu. 

Ici ça fait du sport sur une couverture le soir, rouge et dodue dans mon pantalon de yoga, sous le regard de Flanelle un peu consterné. L'air de dire, mais pourquoi tu t'embêtes alors que tu pourrais dormir sur une bonne peau de mouton comme moi? En rentrant je les trouve en train de désherber le coin des fraisiers, partout des petits (et gros) points rouges, merci dame nature... On inspecte les pousses ici et là, les bourgeons qui chantent bientôt, bientôt! Je ne sais pas si on se remettra un jour de voir ces changements presque d'heure en heure, la vague des saisons revenir inexorablement, connaissant chaque note de cette parfaite partition. Dans le jardin l'herbe s'aplatit au fil de nos chemins, des pivoines aux framboises, de la maison au compost, du pommier aux roses. On est là, oui, bien là des pieds à la tête.  

Il a envie de faire de nous faire des frites, dans la casserole cuit du quinoa pour demain. Les cheveux des enfants sont encore un peu mouillés, les pyjamas retroussés, et le goût de la pomme de terre crue ne les déroute pas. Les frites font monter sur la table de joie, je fais des allers retours pour remplir ma tasse et on écoute ma dernière obsession musicale, entrecoupée d'Asaf Avidan, parce que. Je raconte ce monsieur et sa maman de 97 ans, si fringante. Dans leur salon cette gazinière de chef à la chaleur si moelleuse comme un oreiller de plumes, dont leurs lits et leurs armoires sont sûrement remplis. Mon thé est posé dessus le temps de se raconter les médecins, les mots qui vont bien et ceux qui sortent de traviole, la soupe qui passe ou pas. Et au fait, est-ce que j'ai des enfants, moi aussi? L'eau est chaude juste comme il faut, et le muguet sur la table à une odeur de biscuit et de bois.

Tête, nez, coeur, bouche, c'est bon, bien en vie. 

#16








Encore un peu d'ouest, pour faire durer, et parce que je suis "en retard" dans mes 52 photos...et puis histoire de retourner un peu en arrière, la semaine de la rentrée ayant été pleine de piques. Ça grince, ça griffe, ça hurle, à l'intérieur d'abord, puis à l'extérieur, pleurer avec le sentiment que ça pourrait ne jamais s'arrêter. Pépin derrière dit "maman fâchée, fâchée! Ah triste!", et je souris bien sûr, malgré tout. Il y a quelques mois j'aurais listé tout ça, maintenant je sais que ce serait de petites gorgées de poison que j'aurai à boire à nouveau. C'est sûrement Louise Hay et les 4 accords toltèques qui s'empilent sur ma table de nuit, et enfin m'ennuyer quand je m'entends penser des mots plutôt gris foncé à mon encontre. La vie qui ne compte pas pour de vrai prend d'un coup beaucoup de place. 

Une nouvelle théière, trouvée dans une petite rue à Vitré, jaune avec des fleurs. Plus grande, pour les thés du matin, quand j'ai le temps de les faire durer. Et si je peux même en faire une 2ème c'est de bonne augure. Petit carnet, mots mal écrits et ratures, Belgique-->@DIV/ colis/ garage/ 2042/ répondeur/ café parents/ livre Ben... Dans la voiture, encore, il me dit non, apolitique ça n'existe pas. Je lui réponds bon, anarchiste alors? On se raconte la vie hors système, d'abord inconsciente et instinctive. A présent clairement souhaitée, danse de mots et d'actes. Je quitte les joues caramel et les plants d'aubergines et de melons avec les lèvres un peu serrées, même si les retrouvailles travailleuses sont vraiment gaies. Ce mini déracinement des jours travaillés me donne vraiment hâte du bureau juste à côté, aussi fou et indécent que ça puisse paraître, avec ses 12 km de route et un bureau cocon comme je veux. 

Tricot rouge, croissant à la framboise, et beaucoup de lentilles. Je dis ah non, c'est fini les courses! On rigole et je bidouille, et vive les petits sacs de fenouil et de chana massala au congel. S'y cache même de la moussaka, alors vraiment... Les parents me racontent les malheurs du travail, ah oui il est content d'avoir retrouvé, mais bon je sais pas si on est plus heureux. Le mantra semble être de tenir jusqu'aux vacances, jusqu'à la pause, jusqu'au jour férié. La vie qui fait taire l'instant présent parce qu'il ne fait que nous hurler dessus. Comment raconter le culte de la minute présente, à vivre comme si celle d'après n'existait pas, la seule réalité qui vaille? Je ne suis plus convaincue que ce soit tant un luxe, nos heures sont faites des mêmes secondes. Coach en instant présent, ce serait bien ça non? En échange de quelques cours de chassage de limaces et de plantage de tournesols...
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#15










La salle de bain était de celles qui me donnent envie d'y marcher sur la pointe des pieds, mais c'est que je suis nulle dès qu'il y a du marron quelque part. Sur la mini-terrasse les oiseaux ne sont pas farouches, et mangent toutes les miettes même si celles de gâteaux bretons sont plus vite mangées. Ma grand-mère sent la crème nivéa, comme toujours. Elle range ses aiguilles à coudre dans une pochette en velours que ma mère lui a faite, toute petite. Je suis un peu jalouse qu'elle l'ait connue plus longtemps que moi, et je voudrais qu'elle me raconte tout, tout d'elle. Le manduca est cassé mais les pattes dodues cheminent, lentement mais avec avidité. 

J'ai aimé ces toits de chaume et ces pierres grises qui disent qu'on est ici. Le vent nous rappelle les vacances en amoureux, toute endeuillée et un peu sur la lune que j'étais, seule sur la plage et dans le ventre aussi. Une chatte nous avait adopté, et à l'époque on ne mangeait pas encore d'huîtres. Mais beaucoup trop de galettes et j'étais rentrée drôlement arrondie! La deuxième fois, un poussin blond et intimidé par la mer, et un Odilon qui nageait en moi. Les moules avaient meilleur goût qu'à la maison, et j'étais seule à me baigner. Premières vacances à quatre, dans les galettes je mets de la purée de carottes et du tartare, Odilon lèche les coquillages tout salés qu'ils sont. Dans une rue sans brouhaha on tombe sur un restaurant afghan dans lequel les aubergines ont bien meilleur goût qu'ailleurs. 

On rentre en pleine nuit, l'éclairage du village est éteint et tout le monde semble dormir, ou boire un café dans le noir derrière la fenêtre. Le coffre est tout foutringue, on y déniche le nécessaire pour la nuit: lits, chiens en peluche, peaux de moutons et bouillotte. Les joues sont rouges et les bouches un peu grognonnes, on aurait besoin de boire. Flanelle s'installe sur des sacs de course, faute de panier. Demain bien sûr ce sera moins le chantier. Au réveil Pépin réclame de tout coeur une voiture rouge, et moi un thé. Je suis contente de retrouver celui au sirop d'érable et au bacon, celui qui me surprend toujours d'être si bon. Je fais durer la surprise d'aller voir ce qui a changé dans le jardin en une semaine, je vois déjà de loin que les pivoines m'ont attendu. Un voisin est venu arroser les fraisiers et les tomates (plantées trop jeunes sûrement), et dans notre sac un kouign aman lui dira merci. Avant la mairie on passera à l'aire de jeux, se donner du courage...On décide du résultat qui nous permettrait d'ouvrir la bouteille de champagne qui traîne dans le frigo depuis longtemps. Non mais en vrai, ce serait quoi le moins pire? Le sable qui reste dans les chaussettes nous permet d'avoir encore un peu la tête ailleurs...  

#14



Je savoure cette petite âme libre qui devient câline peu à peu, ces moments cou à cou qui s'allongent, les bisous appelés alors que les joues ne sont même pas encore réveillées et encore roses et chaudes de sommeil. Un cadeau encore, et la tour des bonheurs touche presque le ciel. Pâques en avance, on triche, mais c'est pour avoir la joie de voir quatre paires de pattes s'agiter dans le jardin. Le "vrai" dimanche on sera à l'ouest, on fera sûrement un bis, mais pas dans notre forêt alors... Les tulipes sont guettées, les fraises des bois sont confondues avec des orties, et les oeufs d'escargots inspirent des expériences biologiques. 

Au boulot je bois du thé en sachet, un "cerise griotte" qui tient mal ses promesses, de plus tour à tour brûlant ou tiède. Jamais comme il faut en tout cas. On me dit je sais que vous n'êtes pas psychologue mais... et entre deux portes, souvent, je ne sais pas pourquoi je vous dis tout ça, mais bon! J'aimerais parfois avoir une étiquette plus vaste sur le front, mais réparer ou consolider le langage c'est déjà une porte ouverte à beaucoup de libertés. Les trous et les fictions de france culture, ou les coups de fil aux amies qui s'inventent un peu mamans, un peu, un tout petit peu. 

Je cueille des pissenlits dans le jardin, et j'ai une bien joyeuse main d'oeuvre avec moi. C'est pour en faire du miel, et Odilon y rajouterait bien des primevères. On fait cuire la potion pour obtenir un joli élixir doré. Les pots brûlants et vite retournés, quand ils ne seront plus que tièdes étiquetés, et offerts avec malice. Je lui raconte des envies d'attirail en lui demandant ça fait pas un peu fausse rebelle? J'entends vaguement un mmh si un peu. Lui ne veut toujours pas porter un anneau à l'oreille alors que c'est mon rêve absolu, et les arguments les plus farfelus n'y font rien. Rha... C'est 5 ans aujourd'hui depuis le premier dîner chez moi, les mille plats qui n'étaient pas prêts, ma jupe turquoise, mon chien tout propre, et la bouteille de gin bio, aussi. Je devrai peut-être aller en chercher, en quittant? On a parlé fête de mousse au chocolat et carnets de Mr Manatane. C'est aussi le début des vacances, ouf et joie!
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#13









J'ai décroché avec un tonitruant helloooooo! Je pensais au lien vers ce cottage près d'Inverness que je lui avais envoyé dans l'après-midi. Elle m'a répondu I've got awful sad news et dans le ventre jusqu'au menton j'ai retrouvé ces sensations. Celles qui disent qu'on ne veut pas savoir mais que si, dans quelques secondes mon monde ne sera bientôt plus le même. Je cherche des explications, parce que je sais que le flou pèse lourd après, mais il n'y en a pas vraiment. Seulement que la vie hoquette et qu'en échange de ces paillettes de bonheur on serre parfois les poings sur de petits cailloux de verre. Je hoquète en disant qu'un deuil par dessus les deux autres même pas finis, est-ce que ça va pas drôlement faire tanguer le navire? Je n'aurai pas l'occasion de présenter mes garçons à ma grand-mère d'écosse, et je suis très triste. Ma mini-famille, nous ne sommes plus que deux ma tante et moi à porter ce nom (à part les centaines d'autres écossais j'imagine! Mais de notre branche j'entends...). C'est tellement brouillon, après, quand on ne dit pas au revoir. 

Le soir on a trop bu-fumé-mangé de frites, c'était une catharsis bien maladroite, et le bain qui a suivi a peut-être mieux aider à éponger le coeur. Le lendemain, aujourd'hui, les deux théières matinales ont ramené des idées plus claires, presque malheureusement. Dans leurs sillages des envies de pansements plus ancrés dans la vie. Sublimer qu'on dit? Mais bien sur je n'en suis pas là. Quatre yeux bien attentifs en face de moi, j'avais quelques minutes plus tard les mains dans une pâte à cinnamon rolls aux noix de pécan. Pépin ne voulait pas me croire que non, ça ne se mange pas cru. Il a fallu attendre que le soleil raconte midi pour qu'on s'installe sur le banc en pierre avec des mmmmmhcestbon et des tasses de thé. C'est vrai que c'était délicieux, ce fourrage aux dattes à la cannelle. 

La journée aux pieds nus, mal à la cheville, doigts collants, bazar dedans-dehors. Les sites de vols/de train, les calculs d'itinéraires m'ont donné mal à la tête. I want to be there, arms are the best healer in those times, lui ai-je écrit. Et dire au revoir un peu quand même. Le soir du doudou un peu plus *nous* que la veille, un bol -des pois et des fleurs- de polenta avec ma sauce au poivre, à l'estragon, et au vinaigre de cidre préférée. Un délice qui semble sorti d'un livre d'enfant, le plat qu'apporterait une maman joliment coiffée à son garçon en pyjama rayé malade, dans son livre à l'édredon rouge matelassé. Quelque chose comme ça un peu. Demain et mardi je prends le train tôt, une formation, et j'ai hâte de ces temps qui m'obligeront à une passivité bien salutaire. Tricot, cahier, mots, et ne pas avoir à être le chef d'un navire qui ne doit pas couler, même si ça n'est que pour une heure.