#4



Lundimanche: Pépin et sa 1ère sieste depuis au moins 3 mois, bercé par les yodles d'Odilon qui lui n'en voulait pas... Pendant ce temps en bas c'était ménage-râlage de ohboudiouquec'estsale, François depuis quelques heures sur une tronçonneuse qui ne veut pas s'allumer (et le froid sans feu qui va avec). Et tiens sous l'évier, c'est tout mouillé? Ah oui, une fuite d'eau. Il était donc vraiment l'heure de faire un gâteau au chocolat, Pépin en 1er aide de léchage de plat, qui amène la fourchette à Odilon en lui disant "goûte!" (maman fondue par terre à ce moment là!). 

Des pauses durant lesquelles je tricote de la dentelle qui empêche de penser, et ça tombe plutôt à pic. J'aimerais bien un bouquin qui produise à peu près le même effet et soit plutôt dépaysant, je vais lui emprunter son Stevenson je crois, ça me changera des manuels de bonheur ou de potager qui s'empilent à côté du lit. On a toujours la correspondance et le journal de Mitterand à s'offrir, et avoir revu les Parrains nous ont donné envie de les lire également. Des mots à se mettre sous la dent en perspective. 

Jardin boueux dont le blanc a tout disparu depuis ce matin. On a vu un martin-pécheur (qu'on croit), et je me suis fait attaquée par des crottes de renard (que je crois, bis). La nature se réveille un peu, et j'ai hâte d'y mettre les mains pour y puiser quelques pépites d'énergie. Là je ne sais pas si c'est le froid de la maison à qui on a retiré son feu ou la lumière torchon sale d'aujourd'hui, mais une énième théière n'y fait rien, mi-mélancolie, mi-torpeur. Heureusement que j'ai toute une collection de cous chauds à l'odeur de brioche à renifler...
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Lundi avec les bâtons, et un nouveau parcours. Cette fois encore dictée par le soleil, mais aussi un peu par la curiosité. "Chemin du fort", et une route qui serpente, pleine de neige. Aucune trace de pas humains, mais en revanche il y a bien des signes de vie si on baisse les yeux ou lève la tête...Pattes de chevreuil et branches de nids. Ça monte fort et je goûte d'avoir chaud et froid en même temps, peut-être qu'il faudrait que je m'équipe d'une thermos pour la pause de mi-parcours... Dans les recoins je note les futures cachettes à pique-nique pour le printemps. Je m'approprie, pas à pas, ce nouveau territoire...

#3





Dans un demi-sommeil la veille je m'étais décidé à ne pas finir ce pull, qui me faisait pourtant de l'oeil depuis longtemps, et avancé aux 3/4... Trop armure, lui dis-je, fière, pédante peut-être même. Mais c'est vrai, les protections deviennent moins nécessaires. Vendredi j'étais dans un bureau, un endroit pas très joli mais plein de lumière. Je rencontrais une dame dont la chair de poule accompagnait ses mots les plus forts... Je la consultais pour qu'elle remonte un peu le fil, mon fil, sur ce que moi je n'arrive pas à entendre dans mon histoire. Elle me raconte, oui c'est moi là sur ses feuillets aux noms de planète, des mots que je pourrai bien me tatouer tant ils m'enveloppent. C'est quand elle me complimente que je pleure, ah ça aussi c'est bien moi! 

Au bureau de vote l'urne l'accueil se faisait à coup de flan et de café. La salle était vide et les gens qui le tenaient heureux de nous accueillir, les sourires des garçons semblaient être le baume dont ils avaient besoin à mi-journée. La ville était au soleil, et notre parcours jusqu'à la boulangerie s'est fait en zigzag pour profiter de sa chaleur... On mange une fish pie dont les garçons se servent deux fois, ça y est c'est le temps des plats qui repartent vides de table et j'adore ces petits signes de famille "nombreuse" (sic!). Ou peut-être seulement famille gourmande... Sur les aiguilles un tricot un peu plus sur mesure, couleur pissenlit bien mûr. Ce sera bon de le porter en pensant à ce qui l'a entouré. 

J'aimerais planter un arbre dans le jardin, l'entourer de tout ce qui se passe d'important ces jours-ci... J'accepte de laisser une place aux symboles à présent. Je laisse se créer la croyance que les mots sont un peu, mais pas tout, et quel nouveau monde crois-je voir derrière ça... Un figuier, ça pousserait par ici? Il sera sûrement temps d'y penser, quand la nuit sera moins là, quand mon pull sera fini, quand les mots de la dame auront décanté... C'est bientôt ce temps là, je crois! 

#2 Kobuk




Deuxième enlaingage de l'année, un bonnet pour être assortie à mon Pépin. Pompon, pas pompon, petit dilemme... Puis finalement comme ça il me plaît! Je l'ai étrenné ce matin lors d'une marche, voir les chevaux et longer le ruisseau gelé. Le soleil était là et des pensées printanières avec. Je n'ai croisé personne sauf quelques bestioles que j'aurais aimé ne pas déranger, et en rentrant il a vite fallu que je me remette en civil. Jeudi pas travaillé mais un peu... Un peu plus tard un dîner de soupe et de tartines, de ceux qui donnent vraiment le sentiment de broder leur livre de souvenirs. J'aurai bien cuisiné un crumble, peut-être bien juste pour le plaisir d'y ajouter une boule de glace, mais j'étais encore plus pressée de me lover sur le canapé, tisane de fenouil entre les mains, et téléphone sur l'épaule, ma mamie qui s'inquiète du froid chez nous au bout du fil... 

Et le pull de Pépin en action! 


#2



Dans la nuit, les pieds mi dans la gadoue mi dans la neige... 

Dimanche marche juste à temps pour croiser le soleil, sur une route où d'adorable mini shetlands attendaient que je les croise. Un rouge gorge aussi, presque aussi dodu que celui qui vient manger les miettes et graines devant la maison. Autrement pas une âme, et encore ce goût délicieux des pensées qui jouent à saute-mouton, portées par le roulis des bras et des jambes qui forment session après session, peu à peu une danse plus assurée. A la maison sur le feu une marmite de kale & sausage stew, et des enfants un peu réveillés mais encore ébouriffés, des miettes de galette -encore et toujours- sur les joues. Pépin en joli pull vert (pas maison!) fesses nues, tentatives de pot obligent, chaussettes bleues jusqu'aux genoux et bottes de pluie roses aux pieds. Un charmant tableau, quoi! 

Dans l'après-midi on aurait bien fait une sieste mais eux non. Bon, un bisou entre deux portes et un thé, nous voilà consolés... J'ai fait le dessert que ma mère faisait souvent, mais en meilleur je crois! Compote de pommes, celles qui embaument toute la cuisine et poussent à quelques minutes d'ici. Je garde précieusement leurs graines dans un bocal, pour en faire un verger du tonnerre. (Là le cynique de la maison se moque de moi, mais enfin c'est bien comme ça que ça commence non?). Et sur cette compote de la crème pâtissière, avec du vrai lait et sa couche de crème sur le dessus. Odilon a tout recraché, mais moi ça m'a fait mon repas ce soir... 

Autrement tricot 2 est prêt et sera bientôt présenté, maintenant c'est du bleu sur mes aiguilles, des belles mailles rebondies du Camilla sweater qui me faisait de l'oeil depuis si longtemps. Il n'y a pas encore assez de mailles pour que je profite avantageusement des bienfaits angoisse-fiche-le-camp du tricot, et entre 2 gélules de valériane et cachets de magnésium je profite (hum!) de quelques accès de bonne vieille hypocondrie des familles, à l'ancienne... (j'ai eu l'appendicite une dizaine de fois, plusieurs AVC et même la SLA deux ou trois fois...). N'empêche, c'était il y a longtemps tout ça, quelle régression, je ne suis pas fière! MAIS, le verre plein tout ça, je peux allègrement noircir la page "victoires d'affirmation" de mon cahier bleu... En réunion dans le centre où j'interviens, ah c'était beau à voir. Enfin, j'imagine! Ces pas en avant et en arrière, ça aussi, ça devrait finir par faire une danse qui donne le sourire... Pfiou!
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#1 (côté tricot)




Dans mes bonheurs-2017, savamment agencés dans mon cahier, parmi les 17 lignes il y en avait forcément quelques unes qui causaient tricot... La 1ère disait que non, non, non, cette année je n'achèterai pas de laine, je viderai les stocks (que le dieu de la décroissance, de la simplicité volontaire et le Dalaï Lama soient avec moi). Quelques lignes plus loin que cette année je tricoterai des chaussettes (peut-être pas très compatible avec le bonheur du dessus mais bon), et enfin que 2017 égalerait à 17 tricots. Peut-être plus, mais au moins 17!

Et ce soir voici le premier! Un test knit (je suis fière comme un petit paon d'écrire ça), pour Camille, qui va donc bientôt sortir ce fort joli pull à noppes, qui est peut-être bien un de mes points préférés au tricot. Enfin pas à faire, ça c'est un peu casse-pieds, mais le rendu sied à mon côté fan de pois... Dans une laine toute chouette, de chez Boucle Laine, qui a été par à l'occasion une super découverte. Pépin dort et ne peut pas l'essayer, mais vivement demain...
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#1




 Petits poseurs assortis! 

Samedi fin d'après-midi, soir si l'on est honnête je rentre de travail-coursettes avec une impression de marathon dans les chevilles. Il y avait peut-être un rendez-vous ou deux de trop là dedans, moi qui aime tant travailler le samedi, cette fois-ci la magie n'avait pas opérée. C'est Pépin qui m'accueille avec un enthousiasme guérisseur, et une grande envie de raconter sa journée. Odilon dormait, Flanelle aussi cela va sans dire, et François faisait de l'enduit. Tout était bien dans le meilleur des mondes, en somme.  Sur le calendrier des menus, suivi avec enthousiasme, c'était tatin de poireaux et tiramisu libanais. Alors, hop, au travail. Un thé, quelques chichi dans un bol (mes racines anglo-saxonnes sont à blâmer, certainement). Pépin s'est installé debout sur le banc qui entoure le plan de travail, exactement comme on l'avait imaginé-rêvé le jour où on a décidé que la cuisine serait comme ça. Lui aussi a sa planche et son couteau, et on coupe les poireaux avec enthousiasme. A la radio ça a l'air intéressant, mais moins que ce que Pépin a à raconter, des histoires un peu mystérieuses qui demandent une danse subtile entre encouragement et étayage. La pâte est prête et la cuisine sent le curry. Un bonhomme ébouriffé aux joues rouges nous rejoint bientôt, il sent bon le sommeil et le moelleux. On en est aux pistaches pour le tiramisu, et là une cuillère chacun et de quoi transvaser et c'est vite mi un chantierpaspossible mi un gai atelier. 

Le soir le pull qui m'occupe depuis quelques jours gagne une manche et pour le lendemain on fait sur le canapé-radeau des projets de peinture de futur lit de grand et de marche qui donneront forcément les joues rouges. Dans le cahier bleu qui me suit partout je raconte mi honteuse mi fière ces paniers virtuels pas validés. J'ai l'impression qu'à la fin du mois ça fera une sacrée somme ces envies qui disparaissent aussi vite qu'elles sont venues. Une fois cette épine honteuse du pied enlevée, je crois bien que cette petite charrette que je tire ne trimballera plus que de quoi semer ou nous envelopper. Je lui dis tu crois que c'est comme la clope ou le coca, un truc qui pique les 2 premières semaines, et qu'après pouf tu te demandes même comment c'était dans ta vie? Il se moque un peu, mais je crois qu'il comprend que là c'est vraiment une chouette et grande marche qui me semblait interdite jusqu'à peu que je grimpe. 

Je rentre d'une de mes sorties bâtons aux bras un peu chancelante, pleine de pensées neuves et d'un réservoir de confiance en ce corps-machine un peu plus rempli. J'avais vraiment besoin de me sentir fonctionner -à peu près- correctement et je crois que j'ai trouvé mon remède. Arrêter tout produit laitier, tant qu'on n'a pas inventé le Mont d'or au lait végétal, bof (désolée médecin chinois), mais m'aventurer sur les chemins alentours moufles et bâtons aux mains, toute de polaire vêtue, oui! J'adore le côté berçant de ces mouvements qui s'enchaînent, je passe de la contemplation des oiseaux qui s'organisent à celle des chevaux. Je pense, mais pas trop. Quand je rentre je lance vite le riz et les lentilles en vue du parmentier de brocolis prévu (inédit ici!), et je file dans un bain à la fleur d'oranger. Auto-ordonnance très joyeusement suivie!
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La journée du 1er fut une journée de parfait augure. Le soir, chuchotant dans ma tête mes merci à tout ce qui m'avait rendue heureuse, la liste semblait ne plus s'arrêter. Déjà, et rien que ce fait là aurait suffit, une grasse matinée. Je suis descendue accueillie par des maman et la bouilloire qui chantait. Je n'avais pas pensé à regarder l'heure mais la radio s'est chargée de m'annoncer la bonne nouvelle... 11h passées! Ecrire plus d'une ligne sur un fait aussi banal c'est peut-être déraisonnable, mais en réfléchissant ça n'était pas arrivé depuis la naissance de Pépin, entre ce que je m'autorise et la vie tout court... Bref, J O I E! La suite ce fut toute la journée parés de nos pyjamas l'élan pour prendre -enfin- ce salon, aidés de nos 2 petits commis. Après la sous-couche il était temps de manger les restes de la veille, en faisant semblant de ne pas remarquer qu'il aurait plutôt été l'heure d'un goûter. 

La soirée de la veille était presque une 1ère fois aussi, un début tous les quatre puis après un petit rab d'histoires, en amoureux. Ce mot un peu dilué dans le quotidien a repris sens, rires et cocktails aidant. Le feu chauffait plus les joues que d'habitude et perdus dans notre forêt je nous sentais agréablement seuls au monde. Maintenant qu'on avait franchi un pas dans l'attirail d'adulte en découvrant qu'on aimait les huitres notre menu était tout trouvé, et des frites maison aussi, "pour nous porter chance"! On a fait de la place pour tous les mots d'habitude ravalés, et d'un coup ça sonnait drôlement dégagé. 

Dans mon cahier (qui est censé s'appeler bullet journal mais je boycotte le concept, rebelle de 2 sous que je suis!) j'ai griffonné 17 bonheurs en 2017, parce que c'est plus inspirant que résolutions.  Dedans on y trouve du terre à terre qui fera malgré l'effet d'un oreiller confortable, des projets de chaussettes enlainées, de pensées à l'effet de caresses, un retour du projet de 52 photos de mes bibous parce que c'est trop gai de les voir grandir et d'en laisser une trace... Si j'osais il y aurait aussi des envies de création de modèle de tricot, et des exercices qui ressembleraient à la poésie... mais la charrue, les boeufs, tout ça... Et en plus de tout ça la promesse de faire la place à une sieste mensuelle, quel challenge! 

Merci pour vos voeux et très belle année!
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