#8





Ou quand un pull en plein blocage semble faire un douillet tapis... J'entendais prononcer "tout doux tout doux" accompagnés de gloussements et voilà ce que j'ai trouvé... Coquins suprêmes! 

A table devant les pancakes du dimanche on se dit nos représentations parentales fantasmées. Lui n'en a pas vraiment, il se trouve un peu incasable, lui l'homme au foyer, et pourtant ça fait écho à nos histoires d'enfance, des deux côtés. Pour moi il y a un peu d'une image de tablier vichy cousu au corps, la maman les mains jamais sèches, avec soit de la terre soit de la pâte à tarte sous les ongles. D'ailleurs il faut absolument que je me couse un tablier, quelque chose en lin bleu ou gris que j'oublierai d'enlever tant il serait moi. Avec des poches, des grandes poches. Dedans il s'y trouverait les coquilles d'escargot que ramassent Pépin, un sécateur, et dans une prochaine vie des mouchoirs, mais en vrai je n'en ai jamais (les petits patients sont toujours outrés de se moucher dans du papier toilette au bureau!). 

D'ailleurs à côté ça s'agite toujours, là on en est à la rampe en béton devant, tout comme il faut pour être aux normes, je suis contente. On rigole ou on sourit devant les devis de fenêtres et de porte, et on en profite pour projeter une porte d'entrée toute vitrée, vive la lumière et la vue sur le jardin, presque du lit. Lundi prochain je serai à la mairie pour suggérer des places de parking devant, on verra bien mes talents de négociatrices alors! En tout cas il y aura de la lumière, et un peu anachroniquement je pense déjà aux plantes derrière la fenêtre de la salle d'attente. Moi j'aurai vu sur le potager, veiller sur des patients et des légumes à la fois, la vie rêvée quand même.

Les semis poussent et les après-midis jardinage (défrichage, un peu, surtout) font un peu printemps, mais le soir et dans le bain mes lectures sont encore enneigées. Une trilogie norvégienne, d'Anne B.Radge, dont le 2ème tome me déçoit un peu, tout redondant qu'il est. N'empêche qu'on parle neige et café et c'est réconfortant comme mon auto-ordonnance l'exige. Combinée à l'huile de coco et l'huile essentielle de géranium, les pieds sur une bouillotte un peu trop chaude, la routine du soir est un doux bercement régulier. Sur les aiguilles du douillet aussi, d'un rose un peu fleur séchée, maintenant que le pull-masterpiece n'attend plus que d'être sec pour être présenté au monde en grandes pompes (sic!). La rentrée n'en a vraiment pas le goût.
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#7


Jeux pyjamatés et barbouillés

Il y a cette petite gélule anti-stress à côté de ma moitié de croissant à la confiture de fraise. Le thé est aux amandes, et la manche du pull avance alors qu'à la radio on parle des candidats et que j'oscille entre rires et frissons dans le dos. Avec François on parle de cette habituation aux mensonges qui nous guette, et on est triste, parfois en colère, de plus en plus d'ailleurs. C'était la pire nuit depuis longtemps, Odilon et ses pleurs de nouveau-né, qui se calme en se laissant fondre dans les bras... ils me chauffent vite sous le poids de ce poupon alors que cette guimauve s'affaisse dans mon cou. Je ris en imaginant la scène, ce grand-gros bébé qui doit me dépasser de partout. Le reposer le plus doucement possible me rappelle de tout proches souvenirs... et les hurlements à peine après avoir touché le matelas aussi! Bref ce sont un peu les vacances, mais grâce à Odilon je me lève très tôt et profite d'un tête à tête avec le chien qui n'arrive pas très souvent. 

Les garçons sont invités à leur 1er anniversaire, on se fait mi-beaux mais c'est qu'on a nos habitudes de genoux-dans-la-boue maintenant. J'ai cuisiné une pie au cheddar et aux champignons, avec la ciboulette du rebord de la fenêtre. Pépin le timide, Odilon et son bol de chamallows... tout est à sa place. Les coups d'oeil aux autres et les approches discrètes, j'observe ça de loin, et je goûte la délicatesse de mon grand boucle d'or. Entre deux portes on parle de ce qu'on se dit de la vie, moi j'entends comme pas revendicativement, mais quand même, que je suis passée de l'autre côté. Je ne suis plus dans le circuit, en quelque sorte, je n'ai plus de questions à me poser sur "le sens" que je veux donner à ma vie, avec mon monsieur et mes enfants à la maison, mon travail petit par rapport au reste de la vie. C'est comme si on s'était offert un recul salutaire, comme si on vivait sur une montagne qui nous donnait un peu de souffle face à ce qu'on nous dit qu'est la vie. Je relirai peut-être ces mots en me disant que cette envolée lyrique est un peu ridicule, mais là entre ces deux portes, je me suis rendu compte à quel point je m'épargnais beaucoup de questions picotantes, que je n'avais pas de réponse à faire à cette amie taraudée et malmenée par la vie trop pleine (à part viens! mais je sais que ça n'est pas la solution pour tout le monde, la verdure sans voisins). 

Au yoga j'ai mon petit coin maintenant, et je retrouve la timide des cours de danse d'autrefois. C'est douillet et je suis à côté de celui qui fait tous les yeux fermés et va toujours jusqu'au bout des postures. Ça tire et ça respire jusqu'à des endroits dont je n'imaginais pas qu'ils pouvaient recevoir ces petites bulles salutaires. Vacances aux mélanges d'après-midi nouvelles copines d'ici, rencontre avec des poneys shetland qui donnent envie d'en cacher un ou deux dans le sac et de repartir avec, travauxtravaux qui salissent les chaussons mais donnent à la maison un air plus maisonnesque. Je travaille moins que prévu, mais ça ne m'émeut pas plus que ça. Les enfants mangent leurs premières pâtes aux ketchup et ça me donne plus le sourire que honte, ahah! Je lis un livre qui raconte comment avoir des poules et des ruches pendant le petit déjeuner (pancakes ricotta et sirop d'érable "robuste"). Je lui dis, bon, le miel, on va continuer quelques temps à l'acheter à côté je crois. En plus elle s'est mis à faire une tartinade mi-miel mi-noisettes concassées, ce serait bête de se priver....(hum la peureuse!). 


Je me couche en pensant à ces nouvelles routines, ce nouveau familier. Il y a l'odeur du feu que je sens du lit, que j'adore, cette présence qu'on n'imaginait pas nous manquer avant qu'on la fasse entrer dans nos vies. J'ai un livre qui parle de nuits de neige entre les mains en ce moment, et je me raconte que ça doit être drôlement bénéfique de se reconnecter à quelque ancêtre qui s'est réchauffé face au feu lui aussi un jour... aussi fantasque cette idée soit-elle, il y a du vrai, et pas très loin au dessus de moi, dans la grange où mon papi est né c'était bien la seule lumière, ces flammes. Maintenant quand je rentre de mes trois petits jours de travail il fait jour, alors je file dans le jardin avec les enfants. Enfin file... en rigolant je lui dis tu as vu comme entre le moment où on dit "on fait ça" et le moment où ça arrive il y a 20 minutes? C'est que c'est pas facile à passer dans les manches de manteaux, ces pattes dodues. Et qu'une envie de pomme ou de biscuit, ou d'un verre de lait, pourrait bien s'y glisser... Mais on y arrive toujours, et j'ai bientôt ma cisaille ou mon râteau dans la main, et la tête dans les branchouilles. Ça chauffe les bras, comme compagnons il n'y a que les oiseaux -pleins de différents-, les vroumvroums des engins des enfants, et le bruit des branches et des feuilles que j'organise et je me dis très clairement c'est ça qui va me sauver. J'ai l'impression d'être exactement là où il fallait que je sois, ces mouvements que je fais et qui n'étaient pas dans mon corps jusqu'il y a peu, je sens comme leur manque -à nouveau- dont je n'avais pas conscience, créait un dysfonctionnement. Le mot est un poil fort, mais disons bancalité au moins. Je reviens du compost et parcours tout le jardin avec un sourire qu'on dirait béat, car je me sens si heureuse que cet endroit nous accueille, et pour toujours si on le veut. C'est en ça que se construit l'envie d'avoir mon bureau ici, c'est dur de quitter cet endroit, presque aussi dur que d'entendre Odilon m'appeler derrière la porte quand ça arrive, petit chat serré. 

Lors d'un petit trou je choisis un papier d'un très beau vert. Je fais un brouillon, mais je ne rature rien, j'écris une lettre d'amour et je sais ce que je veux y mettre. Je recopie au feutre doré, et au dos je dessine une montagne de profiteroles, parce qu'on adore ça, qu'on a fêté la surprise-Odilon comme ça, et que j'en ai envie, de guetter les boules se former dans le four, c'est un peu magique. Ce matin j'en ai mangé deux avec de la confiture de citron, c'était drôlement bon. J'ai trouvé son mot en réponse au mien, sur le buffet, et l'ai pris pour l'accrocher dans mon coin réconfort dans mon étagère à thés au bureau. A côté, ils coulaient la dalle de béton et j'espérais que les petits loirs en haut se lèvent assez tôt pour voir ce joyeux spectacle. 

Les caresses dans le dos du moment c'est savoir qu'on présentera Odilon à ma grand-mère en avril, avec ces quelques jours à la mer. C'est la pile de livres qui donnent envie d'avancer l'heure du coucher tant ils sont de bons compagnons, les livres d'auto-bonheur (sic!) sont un peu remisés au profit d'histoires qui m'emmènent loin, miam. La semaine prochaine, c'est un peu les vacances. Il y a des tartes à la ricotta et au chocolat de prévues, et aussi des sablés à l'orange, parce qu'on aura de joyeuses visites. J'ai des envies de quilt et je crois que ce serait un doux projet qui pourrait m'accompagner jusqu'à l'été... 

#6



Petits chatons des bois... ou du jardin au moins! 

Pendant qu'ils faisaient des concours de vitesse camion/draisienne (et s'arrosaient avec le robinet extérieur HUM) j'ai fait mes premiers semis, en sautillant d'excitation ou presque. Courges dont les graines séchaient dans la cuisine depuis un moment, radis, concombre, tomates cerises, coriandre... c'est derrière la fenêtre et maintenant je n'ai plus qu'à guetter. Après c'était le temps d'avancer sur la 1ère manche de mon pull, pas follement excitant mais ça devrait aller vite avec mes bras de manchotte, avec les scones qui restaient du petit déjeuner, et les raleries de François face au rugby. 20h01 ça ronflotait déjà en haut, en haut c'était pizza et amaretto, et re-manche. Les bilans pas rigolos de demain ont l'air drôlement loin. Le dimanche qui sonne presque vacances, en somme! 



Samedi matin pré-travail dans lequel je m'autorise un rang de tricot, pas très raisonnable mais le thé est trop chaud et à la radio ce qu'ils racontent m'intéresse. Ces rangs de dentelle sont  plutôt du genre hypnotique, et la couleur de la laine façon miel chaud incite à ne pas le lâcher.  J'oublie de regarder le menu du soir en partant et dans la voiture je regrette, c'est une des petites pensées-doudou à emmener avec moi pourtant, aussi infime puisse-t'elle paraître. Peut-être soupe et cheddar scones? Mais ça c'est pas demain plutôt? Dans le four pour eux -mais j'espère qu'il en restera quand même quand je rentrerai!- il y a une tarte aux pommes, des golden poussées pas loin dont je garde les pépins comme des trésors. Je les ai rapées, et j'y ai ajouté de la poudre d'amandes, les épices qu'on préfère, du citron et surtout des noisettes*du*jardin, que ça me rend tellement heureuse de dire ça. 

J'avais rendez-vous avec le yoga pour la première fois cette semaine et quand je suis rentrée dans la pièce c'est comme si j'avais déjà cette douce et chaude odeur en tête. Il y avait un monsieur barbu, très souple, un poêle qui aurait appelé un chat et une couverture. J'ai très vite eu les joues rouges, de corps qui marche et de plaisir d'être là, de ce temps uniquement voué à me faire du bien. Il y a eu ce moment merveilleux sous mon plaid d'écosse, à méditer accompagnée par la voix du barbu, claire et dense. J'avais bu beaucoup trop de thé avant de venir (à la noisette, ceci explique cela) et du coup j'ai testé les toilettes -sèches- avec curiosité. C'était dans un grenier dans lequel des grandes tables étaient recouvertes d'herbes et de fleurs qui séchaient, l'odeur de nuit et d'un peu de mystère était là aussi.

Il y eu une journée brouillard, nuit d'avant un peu trop hantée et malgré la valériane et ma plus jolie robe j'étais grise un peu, je crois. Quand je suis rentrée de ma matinée-sérieuse les gars étaient au boulot dans le futur cabinet. Je me suis dit mince j'ai pas préparé de cookies. Pendant que les garçons jouaient avec le ciment frais (sic), on a discuté de l'aménagement de ce grand rectangle là. Eux, ils étaient pas trop partants pour cette idée de toilettes sèches qui a commencé à germer dans mon esprit, conquise que j'ai été. Vous vous voyez vraiment vider le seau? Non, non, moi je vous mets quand même le tuyau (comprendre pour de vraies toilettes), le temps que vous réfléchissiez... On a fait plein de traits au sol, et j'espérais ne pas avoir l'air chiante mais on a un peu tâtonné pour caser tout ça, moi je ne suis pas bonne pour imaginer des pièces alors qu'au sol c'est encore de la terre battue. Mais en me couchant j'ai pensé aux fauteuils dans lesquels les discussions seront sûrement plus faciles, à mon coin bouilloire et aux plantes qui seraient bien heureuses derrière la fenêtre. Et aussi à ce que je pourrai leur cuisiner lundi, quand ils reviendront, pour me "rattraper"...

#5



Les petites aventures du matin! 

Et notre lundimanche délicieux, avec rangement du jardin le matin au soleil. On ne voulait plus rentrer et on a finit par faire un pique-nique dans le jardin, baguette et chips et tout et tout! Dans la brouette de Pépin quelques escargots,  et du thé aux noisettes pour tout le monde. On avait oublié, tout nouveaux au vert que nous sommes, qu'on avait un jardin et que ce serait si bon d'en faire notre deuxième maison... Seul Flanelle a préféré encore le coin du feu, mais c'est le plus vieux d'entre nous, et il n'est plus très aventureux... On a trouvé l'emplacement pour les nouveaux rosiers, et le compost est presque plein. 

Bientôt des sessions tricot sur le banc en pierre, à guetter que personne ne mange de limace... comme vous dites, la vie est belle! 



Dimanche, réveillée par un oiseau qui faisait un drôle de bipbip. Petit moment d'oscillement entre le lit chaud et l'idée d'un thé qui le serait encore plus... Le thé, et l'idée que le chien devait bien avoir envie de sortir je dois dire, ont gagné. J'ai marché le plus doucement possible, mais entre Odilon et moi l'ouïe de dauphin est réciproque, quand je suis passée à quelques pas de lui il a grogné dans son joli sommeil. Une caresse sur la joue en échange de quelques tasses de solitude. J'écris ça mais ce n'est pas que je cours après. Ces idées de s'oublier/se manquer, une fois qu'on devient une famille, ne me parlent pas trop. Les fusionnants que nous sommes, peut-être. Mais surtout pour me trouver, je sais à quelles portes toquer. Un bain dans lequel je peux lire au moins un article de Flow ou de Taproot, une session de marche, ou une réunion où j'ai un poil l'impression d'avoir été entendue. Et puis, ici, aussi. Pour ça, a contrario d'avec les enfants, je prône la qualité plutôt que la quantité. 

Semaine boumboum, ou un truc comme ça. Quelques jours avant j'avais finalement décidé de ne pas annuler ce rendez-vous avec la neurologue, qui n'avait même pas été reporté dans mon agenda 2017. D'un coup en sortant d'une sieste, la seule de janvier malgré mes résolutions, je me suis dis qu'il fallait que j'y aille et qu'elle m'aide. Qu'elle enlève de mes épaules ces multiples couches de poids: l'inquiétude que ce soit plus grave que ça (qui a annulé le jour même son IRM en décembre et le regrette bien maintenant à chaque trou de mémoire ou manque du mot?!!), l'idée que si ça ne s'arrange pas c'est que je suis nulle à appliquer les mesures diététiques qu'on m'a prescrites en médecine chinoise (culpabilité et auto-prescription d'être parfaite du tonnerre), et que ça devient peut-être un poil déraisonnable de persister avec ce traitement qui marche bien pour le sommeil mais pas pour ces fichues crises d'épilepsie sorties de nulle part il faut bien le dire. Une amie me dit oui, ça y est, tu as envie de libérer de la place pour autre chose et c'est ça. C'est trop, d'y penser en s'endormant et en se levant, de lui demander à peine après un bonjour c'est bon, ça a été cette nuit? D'y penser face aux tout petits que j'ai au cabinet, que bon sang faudrait pas que ça m'arrive maintenant etc, etc, etc. Ça n'arrive pas si souvent, en fait, mais cette condition épée de damoclèstique est devenue d'un coup insupportable. Ça me vole trop de pensées. 

En nous accueillant elle a dit vous ici?? en rigolant. En 1h30 j'ai ri/pleuré/ri/eu peur/pleuré,pleuré,pleuré/regardé François en fronçant les sourcils 15 fois/regardé des photos de cerveaux en me disant que les cours de neuro c'était vraiment loin. Elle m'a dit que ce médicament ci était compatible avec les grossesses, et moi je n'avais même pas envisagé l'inverse -naïve dans le déni que je suis-. Mais l'allaitement non et c'est une pensée qui me fait invariablement pleurer, même si d'ici là de l'espoir ce sera peut-être glissé là dedans. Que c'était le léger de la bande, et que nonnonnon ça ne devrait pas enférisé ma vie comme le précédent (qui avait fini par m'emmener aux urgences, tant lui et moi on n'était pas compatible). L'état d'esprit beaucoup moins à contre-coeur devrait aider à la tolérance. Elle a demandé à François s'il me trouvait dégradée et j'ai cru que j'allais m'étrangler. Moi j'ai demandé combien de temps c'était censé durer, et j'ai encore du mal à me dire qu'elle a  répondu un truc comme toute la vie

Combien de baisers d'enfants, de tricots réussis, de balades aux belles surprises, de cookies parfaitement cuits, de voyages qui donnent envie de se réincarner là dans la prochaine vie, de livres qu'on ne pose pas même quand les yeux piquent, de mains dans le dos qui réchauffent mieux qu'une bouillotte, de souvenirs qui ne brûlent pas mais portent, de petits et grands pas au bureau, de semis qui donnent et d'amis tatoués dans le coeur... pour compenser ce caillou dans la chaussure au goût si injuste?