#23



(un 52 portrait sans vraiment de portrait, et même pas avec de vraies photos d'appareil...)

Dans la voiture il y a toujours un petit tas d'enveloppes bleues. C'est la paperasse-folie, pas si dure à penser. Parfois je m'arrête devant la boîte -sur la grille de la mairie- le matin, ou parfois plutôt en rentrant. Ça dépend quand j'ai besoin d'un peu plus d'air, quand je décide que j'ai le temps. Quelques secondes en plus. Un samedi c'est plus dur qu'à l'accoutumée. Je suis trop dans l'après et l'instant présent se fait la malle, ainsi chahuté il devient pénible. Je pense aux choux à faire (profiteroles demain!), à la pelouse à tondre (tu n'y touche pas hein, c'est pour moi tout à l'heure!). J'ai mis mes belles chaussures, je ne sais pas s'il le verra quand je rentrerai. 

Les abricots trop mûrs réclament une tarte. Je fais une pâte à l'huile d'olive, et dans la poudre d'amandes j'ajoute des zeste de citron. Plutôt du miel ou du sirop d'érable? Mmmmh partons sur le miel. Une virée dans le jardin pour ramasser un petit bol de fraises des bois, celles qu'ils ne gobent pas, pour faire bon et joli sur les abricots. Elle a le temps de refroidir et on la goûte le soir même, avec des regards-sourires entendus qui disent drôlement bienvenue à cette première tarte aux abricots de la saison. Je garde les noyaux, maintenant ça a drôlement de sens. 

Dans ma tête, puis en vrai je commence les listes des bagages pour le grand périple en Ecosse cet été. On a vraiment besoin de le sentir s'approcher, un peu ternis par la fin d'année gris-ifiante. Sur les genoux, et en plus ils sont écorchés. Mon emploi du temps déborde de son minimalisme projeté. Mes trois jours de travail ne l'ont pas été depuis... janvier en fait (gros yeux!), et les travaux font un peu l'effet de sables mouvants. Plus les tracasseries administratives qui donnent vraiment envie de vivre comme une fugitive qui ne sortirait jamais de son jardin. Quel tricot? Il faudra prendre les graines de lin, des habits un peu râpés qui ne feraient pas le retour avec nous. Une nuit je rêve que les petits pois sont arrivés, et le matin je vais leur dire bonjour, sans trop rien espérer... et si! Des gousses dont une bien remplie, d'autres qui vont suivre, fou! Quel goût d'or ils auront, ces premiers petits pois. T'es complètement connectée à ton potager maintenant, en riant. Je fais semblant de ne pas trop voir les deux très petites tomates, pour ne pas les rendre timides mais... 

2 commentaires:

  1. Trop mignon d'être connectée à des petits pois. .

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  2. Connectée au potager...ça me parle;)

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com