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Je rentre un peu sonnée, un peu geignarde. Je lui raconte comme je tâtonne, des histoires d'horaires lui il vient à 15h, mais le mardi il faut que je réserve plus de temps à l'itep, et je pensais que ce suivi s'arrêterait, et, et, et. Il aurait fallu que je me mette tout de suite pieds nus, devant, pour sentir la pierre chaude, que j'enlève ma blouse blanche pour que personne n'y fasse de tâches. Après un temps de retour sur ma terre, j'avais un verre de sirop de pamplemousse entre les mains, et j'étais bien là. Pépin et Odilon faisaient des allers-retours en vélo dans le chemin devant chez nous, disant qu'ils allaient voir les chevaux. 

La liste du jeudi pas travaillé a plutôt bon goût. Celui de la tarte aux abricots, encore, déjà. Dans mon cabas j'entasse les jupes et les robes et même une salopette, pour aller chez la retoucheuse. Il ne faudrait pas que j'oublie le pain, mais c'est finalement ce qui arrive. Je n'y avais pas tellement pensé mais je rentre dans ce salon de coiffure en me disant que ça y est j'étais vraiment ici (et moins snob aussi aah!). Non on peut pas faire plus clair à cause du henné? Bon tant mieux peut-être. Le lendemain je mange une part de cake à la framboise avec une tasse d'earl grey entre les genoux. C'est pour le travail et autour de moi les parents racontent les écrans chez eux, si ça leur va comme ça, ce qu'ils feraient idéalement. Je dis plusieurs fois la vraie vie, celle des mains, sans trop savoir si ça leur parle. C'est mon boulot, de parler le même langage, mais je n'ai sûrement pas toujours les bons filtres. 

Encore après je porte ma salopette presque parfaite. Le matin le bol pareil aux jours de réveil, sans que ce soit terne ou pénible. Le pack-lunch à préparer, parfois facile, les lendemains de salade de pâtes ou de risotto, parfois un peu plus grognon. En sortant je jette un oeil au barbecue dans lequel les garçons ont entassé des bûches, pour faire comme si, et ça me fait un peu mal de partir, même si ça n'est pour pas pour si longtemps. En rentrant il y a ce "bleu je-sais-plus-quoi" mais pas canard comme je le voulais en tout cas, à finir. On se marre à lui inventer des noms, bleu pacifique, bleu Tahiti douche, bleu harpic... Non mais il faut voir en contexte, hein! J'ai la tête dans le gâteau de fête des pères, il y aura des étages. Je n'ai pas de papier cadeau, mais ça je crois qu'il s'en fichera... 

4 commentaires:

  1. Magnifique , ce gâteau de fête des pères !
    C'est quoi " la vraie vie , celle des mains " ?

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  2. Il y a le bleu roi , le bleu outremer , le bleu de France , le bleu denim , le bleu indigo .... tellement de bleus magnifiques .

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  3. hum miam ! ça donne envie tout ça !

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  4. je découvre ton blog et cela est un reel plaisir. J'adore tes clichés style argentique.

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com