En me tartinant de mâcerat de fleurs d'arnica j'ai repensé à ce qu'il m'avait dit dans la voiture, pas très longtemps après notre rencontre. Toi quand quelque chose ne va pas, ça contamine tout le reste et tout devient noir. Avec d'autres mots peut-être, sûrement, mais c'est le message qui s'était imprimé. J'avais argumenté, un peu, pour me défendre... n'empêche que le petit mot est resté, et ce matin j'ai laissé les phrases qui me venaient mâchoires serrées derrière la porte. Le cercle vicieux c'était: bon sang broyer du gris foncé alors qu'on vit des jours dorés, est-ce qu'il ne faut pas totalement être nulle pour ça? N'empêche que ma cheville de traviole et mes rêves qui n'en ont même pas le nom et qui mettent plusieurs minutes à ne plus me hanter au réveil... Ce matin le thé n'était pas assez chaud et réconfortant pour m'éviter quelques larmes. N'empêche que, rien que de lui formuler un merci, peut-être un peu bancal...ça m'a permis de sauter sur l'autre rive, celle où les sourires sont légion. 

Tant mieux, j'ai ainsi gobé chaque rayon de bonheur que nous offrent ces journées. Ce qui est bon c'est de les vivre si affectueusement frères, dans notre carré dans lequel les liens s'entremêlent. Eux deux, eux deux, nous deux, nous deux, nous deux etc... C'est aussi que mes deux chers d'ici, mon oncle et ma tante, profitent si fort de ces deux garçons qui sont si délicieusement pleins de tout ce qui rend heureux de vivre. Je me place en témoin, sur mon banc ou mon bout de serviette sur la plage, le petit pas de côté que je ne fais pas si souvent quand il s'agit de mes garçons, pour les laisser tisser les liens qui resteront bien au chaud en eux. C'est rare, et je suis contente d'être la petite passeuse qui permet ces histoires là. 

Ce soir, malgré les sourcils polis mais froncés malgré tout j'ai osé retoucher au four. De cette fumerie j'étais ressortie avec du saumon (bien sûr!) mais aussi un brie fumé qui m'avait beaucoup intriguée. Passé au four, sur des pommes de terre rissolée avec un oignon rouge, si si promis ça va être bon. Ils étaient plutôt partisans de le manger sur des crackers, mais ça sonnait un peu blasphématoire. J'avais aussi utilisé les dernières cerises qu'Odilon n'avait pas encore trouvées pour aller dans un gâteau au chocolat. Avec de la glace ce serait bien non? Moi j'avais de la cerise dans mon thé, et c'était déjà bien, si je ne veux pas revenir de ce périple trop arrondie. Demain il y aura des histoires de bateau qui devraient créer des fossettes de bonheur, m'endormir avec cette pensée doudou, ça éloignera sûrement le loup non?

4 commentaires:

  1. Bonjour Clémence, tes mots sont beaux, et vrais... Je me régale de vous suivre dans votre périple écossais et tu sembles y trouver des choses qui te font du bien. Les paysages sont apaisants et si verts ! Merci pour ce partage. Bonne journée. Anne

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  2. Ici et maintenant .
    Ce n'est pas si simple que ça de vivre le moment présent et juste le moment présent .

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  3. Encore de bien belles photos .
    De l'eau , du sable (ou de la terre ) et c'est le bonheur pour un enfant .

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com