On a changé de côté de l'Ecosse, après une route passée pratiquement le menton sur le volant de fatigue. C'était dur de quitter cet hors du monde dans lequel on était. Ici on est dans une ville qu'on devine plutôt rude il n'y a encore pas longtemps, et c'est sûrement sa réalité dans certains coins. Des lignes toutes droites, des docks, des bâtiments qui sont chic et précieux sous le noir qui les recouvre. On visite des bateaux qui, plus que naïve que je suis, me froncent les sourcils de mais comment faisaient-ils à 300 là dessus? On se suit pliés en douze, un peu labyrinthe, l'enfance n'est pas loin à se guetter entre les poteaux en bois.  Ça me donne des envies de ville, je prends rendez-vous chez le coiffeur, moi aussi je veux des Superga pour moi et les enfants comme tout le monde ici, et essayer tous les take away du quartier. 

Heureusement de longs jours verts sont encore au programme, un château, un endroit où l'on fait des choses merveilleuses avec des fruits, une autre plage encore pour ravir les petits crabes. Sur mon cahier (que je refuse d'appeler bullet journal, plutôt snobement) je tente de lister tout ce qu'ils nous ont cuisiné, coqs en pâte que nous sommes. Mais c'est un peu le trou, je déteste ces moments pages blanches qui me font l'effet de cohabiter avec un cerveau troué. De salades en poulets, de coleslaw en saumon au four, et de fish pie en brocolis et petits pois ça revient un peu. Et il m'aidera quand il sera réveillé. Mi ouf mi grr. 

De la maison on m'envoie des photos de mes tomates, et en tout petit au fond je devine des courgettes. Ça me rend très heureuse, bien que la hâte n'y soit pas. Ici on prend la décision de couper l'immense sapin au fond, la lumière tout ça. J'ai encore le goût de la marmelade en bouche quand il est temps de m'habiller, la même robe bleue parce que je l'ai vu me regarder dedans, et parce que l'été, un peu. Ils sont partis à l'hôtel depuis hier, et nous rejoindront au petit déjeuner. La petite boule de l'après, ah! Mais on a parlé de Noël, on aura d'autres carottes à savourer, et un stock de victuailles d'ici pour nous faire patienter. 

1 commentaire:

  1. Hier soir j'ai regardé avec beaucoup d'intérêt le documentaire "Vu sur Terre" consacré à l'Ecosse .
    Mais que c'est beau !

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et parce que c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir s'en dire plus: tinoftea@gmail.com